Comment j’ai refusé de manger du genou de porc à Prague

Que manger en République Tchèque ?
Les musulmans ont tout compris.

Caballero,

Content de constater que ta vie opulente de journaliste international ne t’a pas trop embourgeoisé ! Tu t’es laissé aller à quelques nuitées en prison à Stockholm, génial ! Je ne peux que partager ton enthousiasme quant à cette expérience somme toute assez déstabilisante.

Une autre chose que je peux désormais partager avec toi : le souvenir d’autochtones particulièrement froids. Tu as eu les Suédois, j’ai eu les Praguois.

Des gros cons les Tchèques ?

Est-ce que le Pape prie ?

Prague : beauté froide et sourires figés

Revenons à la racine du problème : tu te souviens certainement que ma dernière lettre te narrait mes tribulations amsterdamoises pour ce qui fut mon 1er stop Interrail. Ville incroyable, mais qu’il a fallu quitter malgré tout pour d’autres gares européennes.

Après plusieurs heures de train entre les capitales néerlandaises et tchèques, me voici donc à Prague !

Prague la magnifique. Prague l’une des plus belles villes du monde. Prague l’historique. Prague la classique. Prague à la plage. Prague rentre au CP… En veux-tu, en voilà…

J’imagine que, comme moi Caballero, on t’a maintes et maintes fois narré les mérites de la ville où Mozart et Einstein furent universitaires ? C’est normal, c’est mérité. Et incroyablement beau aux alentours du Pont Charles 4, des deux côtés de la rive de la Vltava (rivière traversant Prague, affluent de l’Elbe si tu veux tout savoir).

Un peu plus soviétique, froid et bétonné lorsque l’on daigne s’éloigner en revanche. Soviétique quoi.

 

Mais je m’égare, revenons à mon propos : les Tchèques, ces gros cons.

Et pour me montrer plus précis, je te propose mon Top 3 des raisons qui font des Tchèques, de bons gros bourrins. (Note que je t’ai jusque-là épargné des jeux de mots vaseux comme « Tchèque en bois », tout ça…)

  1. L’arnaque aux pourboires

C’est accompagnés d’une auréole de fraîcheur et d’enthousiasme, que ma moitié et moi-même arrivons à Prague un matin d’août. Peu frais d’un point de vue hygiène en revanche : nous venons de passer la nuit dans plusieurs trains à compartiments, où les gens (sache-le) pètent aisément. Même les filles.

Les filles pètent, oui. Incroyable.

Mais une douche plus tard, nous attaquons la majestueuse cité d’un pas décidé. Le Vieux Prague nous enchante. Bien que très bondé en cette période. Mieux, les deux rives de la Vltava sont absolument splendides.

Amoureux et virevoltants, tels les fougueux amoureux que nous sommes, nous traversons même le pont Charles 4 (en photos ci-dessus). A pied, comme tout le monde. Ce qui n’a rien d’audacieux en fait.

De l’autre côté de la rive, nous visitons-là une partie de Prague qui s’avère encore plus ancienne que le Vieux Prague. Endroit de la ville où nous trouvons une petite rue. Présentant elle-même une petite pizzeria très charmante de l’extérieur.

A l’intérieur, nous ferons officiellement connaissance avec les Tchèques :

  • Soupirs,
  • Esquives de la serveuse,
  • Tirage de gueule,
  • Conversation sur notre dos…

Surtout, le clou du spectacle intervient au moment de l’addition. Quand la serveuse me tend une addition où la phrase « Service not included » est soulignée 5 fois, rédigée en gras, Arial Bold et surlignée au fluo jaune.

Le message semble clair.

Franchement, à ce moment-là, ça me fait chier de laisser un tips Caballero… Mais bon, dans un pays étranger, tu te dis OK, je ne vais pas passer pour le Français de base.

Plusieurs restaurants plus tard, le même cinéma avec l’addition soulignée, surlignée, etc…

Puis vient le jour où nous nous lançons à l’assaut de l’Histoire praguoise avec un guide américain, amoureux de la ville. Ce dernier, au bout de 2h de balade, nous lâche ceci :

« Au fait, le fameux coup du Service Not Included souligné sur l’addition : c’est illégal les coco. Ils n’ont pas le droit de faire ça. Mais beaucoup le font quand même. Vous ne devez en aucune façon vous sentir obligés de laisser des tips… »

J’aurais mieux fait de laisser un Tchèque en bois, tiens !

Absinthe et absintherie à Prague

Où sortir dans la capitale tchèque ?
La promesse d’un bon moment ! Pourtant…

Caballero, toi qui titubes rapidement avec un demi-pêche, sache que la République Tchèque et l’un des pays qui consomment le plus de bières en Europe. Numéro 1 au sommet de la bièrarchie ! Prague est d’ailleurs une ville de bière, où l’on vient déguster les produits des brasseurs locaux.

Pourtant, ce ne sont pas les spécialistes de la bière qui nous ont attiré en ville. La bière, c’est pour les pécores. Alors que l’absinthe…

Ainsi, les quelques absintheries que nous avons croisées dans le Vieux Prague nous ont mis la puce à l’oreille… Et si nous testions le mythe ? En plein Interrail, à la découverte des secrets de l’Europe Centrale, une telle expérience prend encore plus de saveur ! Un soir, nous pénétrons donc une magnifique absintherie praguoise, entre excitation, curiosité et regards pleins de vices…

Soyons clairs, Caballero : nous étions des cibles faciles à alcooliser… Prêts à lâcher des couronnes tchèques (devise locale) tel Floyd Mayweather dans un stripclub.

Nous commandons donc deux verres très prometteurs de « Red Absinthe » au bar. La décoration est exceptionnelle, vintage, sombre et faite de magnifiques bouteilles. Un peu plus et on frappait la mesure de nos poings sur le comptoir en attendant nos verres.

Quelle bière praguoise tester ?
C’est beau une absintherie.
Où aller boire dans la capitale tchèque ?
Drink me. Please.

Quand enfin ils arrivent (photo 3 images plus haut)… :

  • Un verre rempli d’un fond de liquide rouge,
  • Une grande bouteille où nous lisons « Absinthe », rempli d’un liquide transparent,
  • Et un verre de cantine, lui aussi rempli d’un liquide transparent.

Je me dis alors que les choses sérieuses commencent : tel le tenancier d’un saloon, le mec nous lâche la bouteille entière, à nous de nous arrêter avant faillite ou cirrhose. Malheureusement, la bouteille contient de l’eau et le verre de cantine aussi. Le liquide rouge est le petit fond de « Red Absinthe » que nous avons commandé.

Bon…

Ne voulant pas faire mon bourrin de base et m’envoyer ça dans le gosier cul-sec, je me demande toutefois pourquoi nous avons autant d’eau devant nous et si peu d’absinthe. Et surtout, je me demande :

Comment boit-on l’absinthe ?

Un alcool aussi légendaire ne s’ingère pas sans un cérémonial bien particulier.

Je me dis :

Il y a bien un cantique à entonner en araméen ? Une poule à égorger dont on boirait le sang pour se donner du courage ?

Le serveur qui est devant et qui ne nous a même pas regardé, saura m’aiguiller. Je lui demande poliment « How do we drink that ? ». Car je n’ose pas lui dire en tchèque : « On boit ? » (Tchèque on boit, Tchèque en bois… Je ne peux en fait pas m’en empêcher…)

Son accent anglais flingué me fait croire qu’il dit « Sugar ». Effectivement, derrière le comptoir, se trouve un seau de petits sucres. Il se barre, j’en prends donc un, ne sachant pas quoi faire. Il me voit faire et ne le prend pas bien. OK soit, mais dis-moi comment faire, Piotr ?!

– « How do we drink that », lui répète-je !

– « Shoot it », aboie Piotr avec un regard aussi vide que son âme.

D’un air de nous dire : « Mets-toi ça dans la tête, cul-sec, paye et barre-toi. »

A partir de là, Caballero, enthousiasme, curiosité et regards pleins de vices ne sont plus je t’avoue. Nous nous shootons donc et repartons en nous disant que les Tchèques sont vraiment peu accueillants.

De notre côté, nous décidons d’une sanction aussi dure que nous sommes peu saouls : tous les Tchèques s’appelleront désormais Piotr.

Paysage République Tchèque.
En plus si t’as le malheur de laisser tes chaussures sur le palier…

Manger à Prague : le cauchemar des vegans

Bon… Si l’accueil et l’alcool n’ont pas été au rendez-vous, tu te doutes bien que nous nous sommes bien rabattus sur la gastronomie locale.

Et bien non !

Pourquoi ? Tout simplement parce que les Praguois ont visiblement l’inspiration culinaire d’un étudiant en LEA. Certes, avec une partenaire de voyage végétarienne et intolérante au gluten, ce n’est pas simple. Mais alors là…

Laisse-moi ainsi te narrer ce que 95% des restaurants de Prague proposent au menu :

  • Gulash
  • Genoux de porcs
  • Viandes en sauce
  • Pizzas
  • Burgers…

Et là, si tu me dis que « genoux de porcs » ne t’as pas sauté aux yeux, j’arrête à tout jamais de t’écrire… Genoux de porcs ! Genoux ! Pourquoi avoir décidé de se spécialiser dans cette partie de l’animal susmentionné ?

Un mystère…

Ça a été assez dur de se nourrir normalement avec une telle carte. Une découverte culinaire est néanmoins à noter : le Trdelnik ! Un rouleau de pâte/feuilleté sucré, que les Tchèques aiment garnir de Nutella, chantilly et autres boules de glace.

Où aller au restaurant dans la capitale tchèque ?
Point de vue colorectal du trdelnik.

On a presque mangé notre poids en Trdelnik du coup. Bravo les Tchèques.

Mais c’était sans compter sur l’ultime rebondissement de notre voyage. Les Praguois, qui se targuent partout d’être les inventeurs de la pâtisserie, ont en fait piqué la recette aux Hongrois…

C’en est trop : je te dis à bientôt cher caballero et à jamais Prague !

A

 

Interrail Avis

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