Île de la Réunion : se baigner avec la peur au ventre…

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« Bienvenue sur le P’tit caillou »

Caballero,

Décidément, cet Interrail est un sacré moment d’aventures ! Heureusement qu’il n’a duré que quinze jours, sinon, j’ose même pas imaginer les histoires, les anecdotes, les fêtes que tu aurais pu nous raconter sur ce blog…

En parlant de fiesta loca, ça m’a rappelé la plus belle et la plus grande fête à laquelle il m’ait été donné l’occasion de prendre part. Et bizarrement, cette grande fête, je l’ai faite sur un p’tit caillou qui trône fièrement sur les eaux turquoises de l’océan Indien. C’est loin (9 000 km et 11 heures d’avion de la métropole), c’est pas très grand, mais je te jure, Caballero, quand tu arrives à La Réunion, tu en prends plein les mirettes.

Eaux turquoises et amour impossible

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L’océan indien, son immensité et ses eaux accueillantes. Parfois…

Et pourtant, tu sais à quel point je suis difficile, pour trouver une île au moins aussi belle que ma Corse. Et bien, pour une semaine, j’ai été infidèle. Je te le confesse à toi, car je sais que ça restera entre nous : je crois que je suis tombé amoureux. Elle a des formes avantageuses, elle sourit à ceux qui viennent lui rendre visite, elle est pleine de secrets et de trésors. Et même si tu essayes de penser à autre chose, tu tombes quand même sous le charme. Tu as envie de te plonger dans ces eaux turquoises autant que dans un regard de la même couleur. Si tu as de la chance, tu peux même observer des baleines au large ou nager avec des dauphins près du bord. Bon, c’est pas aussi paradisiaque que Maurice (l’île, pas le poisson qui pousse le bouchon un peu trop loin) mais près de Saint-Gilles les Bains par exemple, tu as des plages protégées par des petites barrières de corail, comme celle de Boucan Canot, qui te ramènent à ta romance du moment.

Tu vas me dire, comment as-tu pu tromper ta douce Corse et ses montagnes pour une île quatre fois plus petite et si plate. Et si je te dis que c’est le berceau du toit de l’océan Indien, grâce à ses volcans ? Que comme Christophe Maé, je suis tombé sous le charme du Piton des Neiges, le plus haut sommet des mers du sud qui culmine à plus de 3 000m d’altitude et qui est – presque – éteint. Son voisin, quand il se réveille, il fait pas semblant… Ces odeurs de soufre, ce paysage lunaire, le Piton de la Fournaise te rappelle vite que ta nouvelle dulcinée, il faut pas trop la taquiner. Surtout quand tu vois les coulées de lave apparentes sur le versant sud-est de l’île et les plages des Roches Noires. Sacré caractère volcanique.

Je préfère mille fois son cœur, beaucoup plus accueillant (sauf si tu crains les bêtes un peu sauvages). Comme moi, des marcheurs viennent du monde entier pour découvrir les cirques de Mafate, Cilaos ou Salazie. J’ai pu grimper dans le premier. Pas de route, pas de banque, pas de commerce : la vie à l’état sauvage. Ça se raconte pas, ça se vit. C’est verdoyant, c’est frais comme la rosée du matin, parfait pour y vivre d’amour et d’eau fraîche. Ça tombe bien, c’était exactement ce que je recherchais. Le coucher du soleil vu du toit de l’île est un moment qu’il faut vivre au moins une fois dans sa vie.

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La Réunion vue de l’avion. Nuageux, brumeux, ténébreux…

 

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La gastronomie, ou plutôt les fruits exotiques et les épices, à tomber.
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Et puis tant qu’à faire, un hôtel avec piscine au bord de la plage. Y’a pas de mal…
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Les Réunionnaises. Rien à ajouter, je crois…

La peur bleue du requin blanc

Puisque je t’étale mes sentiments, faut que je te le dise aussi : je me suis baigné avec la peur au ventre. Je t’imagine déjà en train de rigoler derrière ton écran, toi qui connais ma phobie pour ce qui est jaune et qui vole. Eh bien oui, j’ai aussi la trouille de ce qui est blanc et qui rôde sous les eaux. Et à juste titre. Ici, le requin, ce n’est pas qu’un mythe – même si, pour les habitants de l’île, l’attaque du « grand blanc » est épisodique. Mais dès que tu mets un pied dans l’eau, tu ne peux pas t’empêcher d’y penser. Et si les requins avaient un radar à touristes? Et s’ils avaient un espèce de Messenger sous-marin pour se dire « hé gros, viens on va bouffer du franchouillard là pour quatre heures? ».

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Les surfeurs et les baigneurs, eux, n’ont pas peur…
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En plus, depuis le bateau, tu observes les fonds marins. Et tu vois de drôles de créatures.

Voir des poissons fluorescents, c’est génial, mais quand tu es dans l’eau, tu te rappelles de toutes les précautions : ne pas se baigner près d’un port, après la pluie, dans des eaux troubles, sur les plages de sable noir. Faudrait quand même pas que l’histoire d’amour s’arrête avant même d’avoir commencé ! Dès que tu mets la tête sous l’eau, chaque micro bruit, mouvement, est inquiétant. Tu frôles un rocher, tu t’affoles. Tu vois une ombre bouger au loin, tu fais vite demi-tour – genre, tu crois que tu vas te transformer en sous-marin et accélérer telle une torpille. Tu vois un nageur au loin aller sous l’eau, tu te repasses en boucle les images d’Amity Island et des Dents de la mer. Avoir une peur bleue d’un requin blanc, c’est somme toute assez légitime.

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La tête du mec en stress total sur une plage paradisiaque…

Ah oui, j’ai oublié de te dire: je me sous baigné dans une plage avec une barrière de sable de trois kilomètres de long – donc sans aucun risque possible d’approche de requin. Quoi, on n’est jamais assez prudent…

Bon, tu l’auras compris, toutes les bonnes choses ont une fin. Alors, ma romance avec la Réunion a dû s’arrêter. Comme tout amour de jeunesse, tu y repenses avec le sourire et la naiveté de tes vingt ans, en te disant que c’était impossible, mais tellement bon. Faute avouée à demi pardonnée…

Hâte de te lire

B.

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Amoureux des voyages, du sport en général - et du basket en particulier. Martégaou de naissance, partage mon temps entre la Provence et la Corse. J'ai réussi à faire de ma passion mon métier.

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