Auberge de jeunesse Berlin : j’ai dormi en prison !

Quelles sont les meilleures auberges de jeunesse berlinoises ?
Tu fais quoi si on te donne la cellule 666 ?

Caballero,

je ne pourrais être plus heureux pour toi que tu aies enfin posé les pieds en Afrique, même si ce n’était pas le Mali, le pays de ton père. Tes récits, photos et vidéos d’Ethiopie, de désert, de volcans, de lave et autres églises enterrées étaient parfaitement à la hauteur du mythe de ce pays et de cette partie du continent. Bravo et merci !

Quant à moi, dans un autre registre, je termine mon périple Interrail. Après avoir écumé Amsterdam, Prague, Bled (Slovénie) et le Lac de Côme (Italie), Berlin sera ma ligne d’arrivée.

Et ne crois pas que c’est fait exprès puisque tu as vécu la même expérience à Stockholm, mais j’ai aussi dormi en prison…

J’intègre ma cellule dans une auberge de jeunesse à Berlin

Où trouver un hôtel pas cher dans la capitale allemande ?
Le bonheur berlinois, avant l’incarcération.

Mais puisque la tendance est à dormir dans des endroits insolites et peu reposants, je prends le pari Caballero ! Non pas que je veuille me lancer dans une course avec toi, mais quand on se lance dans un voyage Interrail, il faut savoir faire dans l’original pour dormir :

  • Un coin d’herbe dans un parc de Ljubljana,
  • Un abri à secouriste à Amsterdam,
  • Sur un banc dans la gare de Kranj (Slovénie),
  • Sur le sol de la gare de Villach,
  • Dans une tente à Bled,
  • Dans la gare de Pardubice (République Tchèque),
  • Dans un bus de nuit entre Utrecht (Pays-Bas) et Hanovre (Allemagne)

Et donc, dans une ancienne cellule !

Pour achever cette expédition, j’ai donc décidé que j’avais été un mauvais garçon et qu’il était enfin l’heure de faire mon temps à l’ombre. Cela ne peut, par ailleurs, que renforcer une street crédibilité chancelante depuis que je m’adonne au rituel très bobo du brunch dominical. Pire, j’écoute du Julien Doré.

L’univers m’impose de me rendre aux autorités.

Mais pas n’importe où. Exit les Baumettes et autres Fresnes, je profite de mon Interrail pour me faire passer les menottes à Berlin. Dans le sud-ouest de la ville pour être exact, à 40 min en vélo et 30 min en bus du centre.

L’établissement se nomme SOEHT 7 et se trouve Söhtstraße 7, 12203 Berlin.

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Plutôt accueillante cette auberge de jeunesse, non ?

En arrivant à vélo avec ma moitié, qui a décidé de purger sa peine avec moi, nous sommes très agréablement surpris par la propreté et le calme des lieux. Cette petite prison et ses quelques dizaines de chambres ont en fait été rachetées récemment par Stephan, un Berlinois particulièrement nighter (pléonasme) et fantasque (oxymore).

Trait de génie : il en a fait une auberge de jeunesse absolument incroyable.

Petit détail inquiétant : nous sommes accueillis par une psy. Après m’avoir demandé combien de fois j’avais rêvé de tuer mon père et coucher avec mon chien, elle nous indique nos cellules.

« Un endroit qui attire beaucoup les intellectuels »

Car oui : même si le lieu revêtit désormais ses plus beaux habits d’hôtel pour touristes, tout ici te renvoie à son activité d’antan :

  • Grandes cellules.
  • D’autres plus petites et très sommaires.
  • Barreaux aux fenêtres.
  • Douches communes dans les couloirs.
  • 3 étages de cellules, organisés en cercle et en leur centre, un précipice et ses grillages pour prévenir certains gestes désespérés.
  • De longs couloirs.
  • Des murs extérieurs déclinant différentes nuances de gris.
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Le bonheur de l’incarcération.

Malgré tout. Malgré la psy et les barreaux. Malgré le gris et les fantômes du passé, cet endroit s’avère rapidement être un petit paradis de sérénité.

Je pensais y être mal à l’aise, mais je me suis plusieurs fois laissé surprendre à ne pas vouloir en sortir pour aller visiter Berlin.

« C’est un endroit qui attire beaucoup les intellectuels. Ils y trouvent calme et réflexion. Souvent, les gens prévoient d’y venir quelques jours et y restent bien plus longtemps. Des semaines parfois », nous confie même la directrice serbo-allemande de l’auberge.

C’est du coup le moment où je reviens pour la troisième fois sur la psy (à prendre au figuré hein) : cette Allemande qui parlait parfaitement français, profitait en effet de ces lieux pour écrire son livre.

Quant à moi, inspiré également, j’y ai filmé deux stories Instagram.

Auberge de jeunesse Berlin : 20€ la chambre, 7€ le petit-déjeuner

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Les fameuses tomates-mozza allemandes ! Deutsche qualität.

Pour seulement 20€ par nuit, nous avons pu dormir dans une spacieuse chambre double. Chacun son lit par contre. J’imagine que l’établissement n’a pas toujours été très partisan des « relations entre invités ». Le mobilier lui est Suédois et bon marché.

Enfin, moi qui parlais plus haut de brunch, nous avons ingéré des petit-déjeuners dantesques et sur mesure (la directrice te demande ce que tu aimerais manger… Jamais vu ça) tous les matins pour seulement 7€ par personne :

  • Des œufs : plats ou brouillés,
  • De la charcuterie : saucissons et jambon,
  • Café à volonté,
  • Des crêpes,
  • Du Nutella,
  • Des confitures,
  • Des tomates mozzarella,
  • Du jus d’orange.

Et le tout, au soleil, dans ce qui était autrefois la cours d’une prison et aujourd’hui un jardin paisible et vert. Avec son kiosque, son pommier, son herbe tondue, ses bancs et son attrape-rêves.

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Un attrape-rêve dans une prison. Un brin d’humour ne fait jamais de mal…
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La cour de la prison.

Une auberge berlinoise entre Poudlard et Azkaban

Caballero, je ne saurais te dire pourquoi, mais j’ai aimé déambuler dans cette prison. Seul ou accompagné de ma moitié. Parfois à la recherche de quelque chose en particulier (les combles, ouverts au public) ou simplement pour me balader.

Comme si SOEHT 7 était une sorte de Poudlard, dont chaque nouveau couloir était la promesse d’une nouvelle apparition magique.

Hôtel berlinois.
Assez bizarrement, j’ai aimé déambuler dans ses longs couloirs sombres et inhospitaliers.
Auberge de jeunesse Berlin.
Surtout qu’au détour d’un croisement, on y trouve par hasard une salle inoccupée, son piano et sa lumière divine…

Sache d’ailleurs que le personnel participe à rendre ce lieu totalement marginal et hors des sentiers battus de l’hôtellerie.

Je t’ai déjà parlé du proprio (qui parle très bien français : « J’ai bourré hier », comme quoi, être mauvais en conjugaison française, ça porte à confusion…).

La directrice est aussi très haute en couleur : elle qui aime autant son personnel qu’elle ne l’engueule ! Comme une maman. Un véritable bouillon de culture et d’Histoire par ailleurs, toujours enclin à discuter de Berlin, de son Histoire et de sa prison.

L’homme de ménage est lui Ivoirien. Chanteur et guitariste exceptionnel. Il donne parfois des concerts improvisés dans les jardins et sa voix résonne alors dans les couloirs de la prison.

Après 3 nuits et 4 jours sur place, la psy me dit que je présente tous les signes du syndrome de Stockholm : après avoir purgé ma peine, il est temps de me barrer de Berlin et de sa prison. J’en suis extrêmement triste. D’autant plus que cela signifie la fin de mon voyage Interrail et de mon nouveau surnom : Levoyageur

La Grande Porte s’ouvre, il est temps d’y aller. Je regarde alors la ville et me dit : « Berlin… Go ! »

(…)

Hâte de te lire Caballero,

A

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