Akaroa : ville française de Nouvelle-Zélande…

Que faire dans le Canterbury ?
Une bien belle rue !

Caballero,

J’ai toujours rêvé d’aller voir les îles des Philippines, comme toi. Bon, il y en a 7641, certes. Faut bien choisir. Mais il me semble que ton choix s’est révélé judicieux sur place : Cebu, Palawan, Apo Island…

Et en parlant de territoire à l’autre bout du monde, savais-tu que la France en possède un en Nouvelle-Zélande ?

Note que c’est un sentiment très étrange que de débarquer à l’autre bout de la Terre et d’y voir partout le drapeau bleu-blanc-rouge. Je ne suis pas patriote pour un sou, mais cela reste saisissant.

Et ce n’est pas peu dire que l’on se sent un peu en France en débarquant sur les vertes collines d’Akaroa, village niché sur la pointe-Est de l’île du Sud. Mais pourquoi cet amour de la patrie de Molière et de Sébastien Chabal au pays du regretté Jonah Lomu ?

Pour toi (et aussi pour moi !), j’ai tenté de minutieusement mener l’enquête du pourquoi et du comment de cette francophilie au pays du capitaine Cook…

Seigneur des Anneaux, Patrick Sébastien et « Vive la France »

En partant de Christchurch, ville ravagée en 2011 par un terrible tremblement de terre, il m’a donc fallu plus d’une heure pour nous transporter, deux amies et moi-même, ainsi que la carlingue grinçante de notre van, jusqu’à la baie où se situe à Akaroa. « C’est très beau », nous avait confié une Néo-Zélandaise, habitante de Christchurch, que nous appellerons ici « Machine ».

« Les plages sont charmantes, les dauphins et les baleines viennent s’y baigner… »

Bref, la promesse d’une très belle découverte en somme. Merci Machine.

Comment voyager en pays maori ?
Une halte en terre néo-zélandaise, sur le bord de la route…

Le chemin lui-même vaut le détour. Entre plaines immenses et vertes, montagnes rappelant à n’importe quel fan les paysages du Seigneur des Anneaux (certaines scènes du Rohan furent d’ailleurs tournées dans le Canterbury), lacs millénaires, pâturages de moutons, arches naturelles d’arbres encerclant l’asphalte de la route… Chaque kilomètre avalé en van vaut bien les milliers de litres de kérosène déversés sur l’Asie et l’Océan Indien par nos deux A380.

Après un énième virage en montagne, nous passons sur le versant opposé d’une montagne et apercevons enfin Akaroa au loin ! Une vallée que l’on croirait d’ailleurs sortie d’un coup de pinceau aixois que tu connais bien aussi : celui de Paul Cézanne. Après quelques photos que l’univers m’imposait de prendre en haut de cette montagne, je repasse la première vitesse de notre bolide, direction Akaroa.

Que faire à Christchurch ?
Etirements après plus kilomètres de route en van !
Que visiter chez les néo-zélandais ?
Un paysage typique du Canterbury.

Sur les derniers kilomètres, nous croisons d’ailleurs un village prénommé « Duvauchelle »… Mieux, les dernières centaines de mètres nous permettent de croiser plusieurs fermes de produits français. Au menu : vin et fromage.

Très francophone, Patrick Sébastien et baguette sous le bras tout ça…

francophonie-nouvelle-zelande

Mais c’est une fois arrivé dans le village que le doute n’est plus permis sur la francophilie de ces terres :

  • drapeaux français flottant à tous les coins de rue,
  • boutiques aux noms français,
  • noms de rue écrits dans la langue de Verlaine
  • et une devanture qui annonce elle clairement la couleur : VIVE LA France !

nouvelle-zelande-akaroa-france

Quelle est la gastronomie néo-zélandaise ?
Do you know « Crêpe Suzette » ?

Même à l’autre bout du monde, Anglais et Français se sont foutus sur la gueule

Certains touristes pourraient gueuler contre le dépaysement tout relatif du lieu (= traverser la Terre pour retrouver un village français), moi ça me fascine !

Déformation professionnelle et journalistique oblige, j’alpague la gérante d’une boutique proposant produits néo-zélandais et franchouillards, que l’on nommera ici… « Vieille Dame d’Akaroa » :

« Qu’est-ce qu’il se passe ici en fait ? Pourquoi tout ce folklore autour de la France ? »

Et là, je prends un cours d’histoire absolument génial :

« En 1840, des marins français, alors en pleine exploration des coins les plus reculés de ce monde, arrivent à la pointe-est de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Ils y trouvent alors un petit paradis sur Terre : une immense vallée, creusée par l’avancée de l’Océan Pacifique. Baleines, dauphins, terres cultivables et d’excellents commentaires sur Tripadvisor. Rapidement, les marins s’y installent et y construisent même une petite église. Elément ô combien symbolique d’une colonisation en bonne et due forme ! Mais le Perfide Albion n’est jamais très loin… Y compris à l’autre bout de la planète et sur un territoire qu’il possède déjà en partie depuis les expéditions maritimes du Capitaine Cook et de sa flotte aux confins du monde… Il semblerait donc que les Anglais, peu enclins à partager, aient fomenté une ruse qui, avouons-le sans détour, rend les Français mais alors totalement ridicules aux yeux toujours très attentifs de l’Histoire ! Une invitation fut ainsi envoyée par les Britanniques, chaudement installés dans le nord, aux colons français du sud. Et avec cette missive, une promesse de festoyer ensemble à la santé de leurs découvertes. Bons vivants, les Français n’ont évidemment pas hésité une seconde. C’est alors que, ravis de mettre les voiles vers le nord, les Frenchies n’ont pas vu leur pire ennemi en profiter pour rallier le sud et leur piquer ce havre de paix ! »

Bon, Caballero, tu te doutes bien que tous ces mots ne sont pas sortis exactement tels quels de la bouche de la Vieille Dame d’Akaroa. Mais tu as l’idée. Entre tristesse (pour nous), perfidie (les rosbeefs) et honte (encore nous).

Note d’ailleurs, que la page Wikipedia du village ne raconte pas cela. Oubli ? Légende urbaine ?

Qui sont les Maoris ?
Un petite église, bâtie par les explorateurs français en 19ème siècle.
Que voir dans l'île du sud néo-zélandaise ?
Une baie qui a vu bon nombres de marins français et anglais débarquer il y a deux siècles.
Que faire à Akaroa ?
Aujourd’hui, voiliers et touristes s’y pressent. Je comprends…

« Je préférerais être Française ! »

A la fin de cette histoire, la Vieille Dame d’Akaroa, nous confie :

« Je préférerais être Française ! Manger du bon fromage, boire du bon vin…»

La pauvre n’est pas au courant pour Christophe Maé. Et le jazz manouche.

D’ailleurs, plutôt que de s’adonner à la gastronomie française, elle se nourrit probablement d’œufs-bacon et autres steaks de bœuf, pierres angulaires de la cuisine Néo-Z, semble-t-il. Quoique, les habitants d’Akaroa ont tout de même poussé leur francophilie jusqu’à posséder quelques vignobles de qualité sur les hauteurs.

Tu me connais bien, mes 2 années de master en journalisme et 5 saisons de Lois et Clark m’ont appris au moins une chose : recouper les informations. Je m’empresse donc de demander à de nouveaux quidam l’histoire de leur province et de leur village. Eh bien oui, la vérité éclate au grand jour : les Anglais sont bien de parfaits trou-du-cul, voleurs de terres !

Note que nous leur ferons payer, quelques décennies plus tard, avec le Pont de l’Alma et Lady Diana.

Bien loin de ressasser une rancœur qui n’a absolument pas lieu d’être dans un aussi charmant village, nous continuons notre expédition dans Akaroa :

  • « Rue Jolie », lisons-nous dans une impasse.
  • « Pot-pourri », sur la devanture d’une boutique de souvenirs.
  • « Délices », au-dessus d’une crêperie-café.
  • Et je parie que tu ne devineras jamais le business de l’établissement « Essence »… Alors ?
Comment aller en Nouvelle-Zélande ?
Quel que soit l’Histoire d’Akaroa, l’atmosphère y est incroyablement agréable et paisible aujourd’hui… A faire !

En fait, tout ici nous confirme l’effroyable larcin britannique ! Sur une terre pourtant parfaitement enclin à vivre à la française. Jusqu’à Vincent, un frenchy de 38 ans, bossant dans la crêperie dont je te parle plus haut, et vivant à Akaroa depuis 1 an et demi. Il me permet d’ailleurs de finir de te compter cette histoire par une note de poésie 100% française :

« Jusqu’ici ils sont venus nous casser les couilles ! »

 

Hâte de te lire Caballero,

A.

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